Norman Powell : Lettre au North

Le 25 mars dernier, Norman Powell disputait son dernier match sous le maillot des Raptors lors d’une victoire contre les Nuggets de Denver. Alors que l’attention était focalisée sur un possible transfert de Kyle Lowry, c’est finalement lui qui a été envoyé loin de Toronto après cinq saisons et demie passées au Canada. Drafté par les Bucks en 46ème choix de la Draft 2015, il avait été échangé dans la foulée pour atterrir chez les Raptors. Durant toutes ces années, il aura fait partie des bons comme des mauvais moments et possède à son actif quelques-uns des vrais moments forts de ces dernières saisons de NBA. Il a tenu à s’exprimer dans une lettre publiée dans The Player’s Tribune. Attrapez vos mouchoirs et préparez-vous bien, on est sur une sincérité all-time. Merci pour tout Norman, nous te souhaitons le meilleur.

Comment remercier toute une fan base ? Toute une franchise ? Toute une ville ?

Tout un pays ?

Ce que j’ai vécu durant ces six années en tant que Raptor… wow… c’était la meilleure période de ma vie. Et en commençant cette nouvelle étape de mon voyage, en tant que Blazer, je voulais juste vous adresser quelques pensées, pendant que c’est encore chaud.

Merci à tous ceux qui liront.

Aller, c’est parti :

1 Je ne vais pas mentir : ce transfert a été un choc.

Cet après-midi-là, à l’approche de la trade deadline, vers 12 :45, j’ai reçu un texto de Fred (VanVleet je suppose) me demandant si j’avais des nouvelles. J’ai répondu « Non, rien ». Je crois avoir eu un ou deux appels après ça… demandant des infos. Mais tout était calme dans l’ensemble.

Puis mon téléphone a sonné.

« Portland ! »

J’ai compris dès que j’ai vu le premier message.

Je ne dirais pas que je n’avais aucune idée qu’un transfert était possible. Je sais comment tout cela fonctionne et je sais ma situation et celle de l’équipe. Je vais devenir agent libre. Nous sommes 11èmes à l’Est. Je suis en capacité d’aider un contender (et je le ferai). Ils sont en droit de vouloir rajeunir leur effectif (et ils l’ont fait).

Mais même tout ça pris en compte, j’ai quand même été surpris. Non pas à cause de mon niveau de jeu cette saison, mais parce que je me suis toujours considéré comme une partie du cœur autour duquel tout avait été construit. Freddy, Pascal, moi, nous sommes arrivés ensemble en quelques sorte. Nous avons tous à peu près le même âge. Nous sommes amis et nous entendons à merveille, et je croyais vraiment que notre groupe, avec OG, serais destiné à être la prochaine grande équipe des Raptors.

Je dirais que c’est ce qui a rendu ce moment difficile.

Juste penser à ce que ça aurait pu être.

2 Ces derniers jours ont été bizarres.

Une des choses les plus bizarres dans cette histoire, c’est que j’ai été à Tampa pendant cette saison régulière avec les Raptors, puis j’ai été transféré chez les Blazers alors qu’ils se préparaient à jouer à Tampa contre ces Raptors.

C’était comme si j’avais encore ma place. J’ai repris la route habituelle jusqu’à l’hôtel où nous nous faisons tester. Mais maintenant, au lieu de prendre à gauche, où les Raptors passent leur test, j’ai dû aller à droite, où les visiteurs se font tester. Et au lieu de monter au troisième étage pour la réunion d’équipe, la mienne était au second. Ces petites choses… c’était une sensation très étrange.

En fait, c’était tellement bizarre, que je suis arrivé tard exprès. J’espérais éviter de croiser du monde et ressentir encore plus d’émotions.

Evidemment, ça n’a pas marché.

Quelques minutes après mon arrivée, des membres des Raptors sont sorti.

Je crois que c’est à ce moment là que j’ai vraiment commencé à réaliser. « C’est réel. »

« C’est le moment des au revoir ».

3 C’est dur de dire au revoir.

J’ai réussi à me retenir pendant un temps. J’ai vu OG, j’ai discuté avec lui. Il était aussi triste que moi mais nous en avons discuté et ça nous a fait du bien à tous les deux. Plusieurs autres gars de l’équipe son venu et j’ai aussi discuté avec eux. C’était beaucoup d’encouragements, de « You got this ». Ils me souhaitaient tous le meilleur à Portland.

Puis j’ai vu Jama Mahlalela. Jama est un de nos assistants coach, et il a aussi été mon tout premier coach quand je suis arrivé à Toronto. Il me connaît depuis la Summer League, et j’ai passé beaucoup de temps à travailler avec lui individuellement. Il s’et approché de moi et m’a pris dans ses bras. Et… wow… Je l’ai entendu dans sa voix. Il était réconfortant. Mais j’ai entendu ce petit tremblement dans sa voix, et c’était parti. Après ça, impossible de m’arrêter.

C’était de vraies cascades. Je me suis mis à pleurer. Tout les souvenirs et les émotions que je retenais depuis ces derniers jours, me sont revenu en pleine tête.

Jama et moi avons marcher un peu dans le hall, nous avons discuté à cœur ouvert à propos de mon futur, du fait qu’il était normal de ressentir toutes ces émotions, de comment tant de changements dans une vie peuvent s’avérer être de bonnes choses au final.

Puis nous avons croiser Kyle, et pour être honnête… j’ai pleuré encore plus. Kyle, avec DeMar, a été le mentor qui m’a accueilli. Il y a beaucoup d’histoire entre nous. Et quand je l’ai vu, il m’a juste pris dans ses bras, m’a laissé extérioriser toutes ces émotions. Puis il m’a donné un dernier conseil, une dernière leçon de sa sagesse.

Il m’a dit : « Tu feras toujours partie de cette histoire ».

P*****.

Et c’est là que j’ai croisé Fred.

4 A vrai dire, je devais donner à Fred son propre passage.

Quand j’ai croisé Fred, j’avais arrêté de pleurer depuis quelques minutes. Mais si cela vous est déjà arriver, vous savez que même quand vous vous êtes arrêtez de pleure, vous ne trompez personne.

Et évidemment, Fred l’a tout de suite compris.

La première chose qu’il m’a dit quand il m’a vu : « Oh mec, tu as pleuré ? »

J’ai juste hoché la tête doucement en souriant. Fred a rigolé.

Il m’a dit « ce n’est pas grave, frérot. Les thugs pleurent aussi. C’est normal, bro ».

Ce moment avec Fred représentait beaucoup. C’est mon meilleur ami. Mais au-delà de ça, il représente une part de ma progression en tant que joueur… et inversement. C’est comme ça que ça marche entre nous. On s’est motivé, on s’est poussé. Nous sommes des compétiteurs bien sûr. Ce doit être cette rage de second tour/non drafté sans doute. Cette mentalité d’outsiders, de sous-estimés. Il y a toujours eu de l’amitié entre nous.

Freddy a été là depuis le premier jour.

Et c’est très dur de se dire que je ne serai plus son coéquipier désormais.

5 Je doits aussi rendre un hommage à DeMar.

Son héritage en tant que Raptor ne doit pas être oublié juste parce qu’il est à San Antonio depuis quelques années. Je ne sais même pas comment décrire à quel point il est important dans l’histoire de la franchise, et à quel point à l’a été pour moi.

Avant toutes choses, DeMar a été une de mes idoles quand j’étais plus jeune. Imaginez, vous êtes comme moi un gamin du sud de la Californie au moment ou DeMar fait sa carrière pré-NBA à Compton puis à USC. C’est légendaire. C’était comme sur une échelle. Il y avait Kobe tout en haut du monde du basket, puis il y avait DeMar, s’en inspirant au lycée puis à l’université. Puis il y avait nous tous, s’inspirant de DeMar. Chaque gamin dans notre quartier voulait apprendre les dunk de DeMar sur ses highlights YouTube. Nous voulions tous aller à USC comme DeMar et Nick Young et tous ces gars.

Puis je suis arrivé dans la Ligue, j’ai été envoyé aux Raptors. Je n’y croyais pas.

Tout d’un coup, nous étions coéquipiers.

Et bien sûr, j’ai voulu la jouer cool. Je ne suis pas un idiot. Mais intérieurement, je vous jure, en plein entrainement je me disais « C’est DEMAR DEROZAN. C’est lui, en chair et en os. DeMar, je suis fan ! Je voulais être comme toi ! ». Ou bien auprès de mes amis à leur raconter : « J’ai défendu sur DeMar en un-contre-un ! Evidemment, il m’a détruit, mais j’ai failli le crosser et lui mettre un jumper sur la tête je vous jure ! » C’était trop drôle.

Et vous savez ce qu’on dit : « ne rencontrez jamais vos idoles » ? Avec DeMar, ce principe ne s’applique pas. Il n’a jamais été juste un bon mentor pour moi. Il était un grand frère (il l’est toujours).

Je me souviens de mon année de rookie, juste quand je pensais que je commençais à trouver mon rythme, à m’habituer à la NBA. L’équipe m’a envoyé en D-League. J’étais tellement énervé. J’étais furieux ! Je me disais « je ne suis pas un joueur de D-League ! Comment peuvent-ils me faire une chose pareille ?! »

Avec le recul, ça a été un moment déterminant. J’avais une mauvaise mentalité, je prenais ça comme une sanction et j’aurais pu rester comme ça, avec une mauvaise énergie. Ma carrière aurait pu mal tourner.

C’est DeMar qui m’a sauvé. Avant que je quitte l’équipe, il m’a pris à part pour me parler.

C’était de la pure sagesse de DeMar : simple, mais tellement profond.

« Si tu mérites mieux que la D-League, Norm, alors prouve le ».

Je vous l’avais dit. Simple, mais définitivement ce dont j’avais besoin. J’ai compris ce qu’il voulait dire.

J’ai joué huit matchs en D-League.

J’inscrivais presque 25 points de moyenne, et je ne regrette rien.

6 Je suis excité par ce qui nous attend à Portland.

Je veux juste mettre une chose au clair, rapidement.

Ceci est à destination de mes gars de Toronto bien sûr. Mais avant d’aller plus loin, je me dois de dire un mot à mes nouveaux fans de Portland.

Fans des Blazers, si vous lisez ceci : Je suis à fond dedans !

Il y a une belle opportunité pour moi avec ce groupe.

J’aime ce pourquoi nous jouons et j’aime que l’équipe m’ai fait venir pour ça.

Je vous remercie pour ce qui a été un accueil chaleureux.

Maintenant, mettons-nous au travail.

7 J’emmène tellement de souvenirs.

Je ne sais même pas où commencer et plus important encore, je ne sais même pas ou m’arrêter. J’ai l’impression que je pourrais rester ici toute la journée à vous raconter mes souvenir de Raptor.

Pour le moment néanmoins, et si je partageais avec vous deux de mes préférés de mon année rookie : une sur le parquet, une en dehors. Ok ?

Voilà la première : Nous jouions le Magic et j’avais un vrai temps de jeu, ce qui à ce moment là était rare pour moi. Mon job était d’entrer et d’essayer de contenir Victor Oladipo.

Je n’y suis pas vraiment parvenu.

Vic m’a inscrit paniers sur paniers.

Je me souviendrai toujours comment juste après la fin du match, T-Ross and Pat (Patterson je suppose) se sont moqué de mon efficacité défensive.

« Beau travail Norm ! »

« Quelle défense Norm ! »

« Waw… Norm… Tu l’as vraiment ralenti… »

Non-stop, tout le temps que nous étions dans le vestiaire.

C’est un de ces moments où, tout en se moquant de moi, ils me faisaient sentir à leur façon que je faisais partie de cette équipe.

Je veux dire, ils ne se moquent de moi que parce qu’ils sont mes amis.

8 Je n’oublierais jamais le jour où les « Big Bros » nous ont emmenés faire du shopping…

Il y avait Delon Wright, DeMar, Kyle et moi. Nous étions en déplacement à Boston dans un centre commercial. Nous nous sommes retrouvés devant une boutique de luxe, Saks Fifth Avenue ou Nordstrom je crois ? DeMar et Kyle se sont tournés vers nous et nous ont dit le plus normalement du monde : « Choisissez ce que voulez ».

Tout d’abord il faut bien que vous compreniez une chose : Delon était rookie… mais son grand frère était dans la Ligue. Delon avait donc un peu plus l’habitude ce genre de boutique. De l’autre côté, moi ? J’étais un ROOKIE rookie. Juste un gamin sur un contrat de second tour de draft. Tout ce que je portais durant la saison c’était les tenues de l’équipe ou mes vieilles affaires d’université. Et peut-être quelques Levi’s.

Donc quand ces gars me disent « choisis ce que tu veux », et que je regarde les étiquettes et que je vois des prix comme 1500$ pour une paire de chaussures, je me dis « Ok quoi ?! Je veux dire, je ne sais pas ce que « choisis ce que tu veux » signifie. Aucune. Je suis bien trop gêné pour dire quoi que ce soit, mais intérieurement je me dis : « Ok les gars vous nous donnez une limite de prix ou bien… » Et évidemment j’ai bien trop peur pour choisir quoi que ce soit. Ma pire crainte est de les entendre me dire que j’ai choisit quelque chose de trop cher… Et c’est drôle parce que si vous demandez à n’importe qui s’il leur plairait que ces deux All-Stars les emmènent dans un centre commercial dans une fièvre acheteuse, ce serait un rêve ! Mais pas pour moi, j’étais stressé. C’était comme si j’avais ma mère derrière moi et qu’on choisissait des vêtements pour l’école comme avant.

Finalement, je décide que la meilleure décision est de choisir une tenue simple, à pas trop cher.

J’en prend une qui me plait, et je la montre aux autres.

Long silence.

« M****, Norman, » me dit DeMar « Tu ne prends que ça ? »

9 Aucun souvenir n’est au-dessus de ce titre.

Je crois que cette partie de ma lettre, qui concerne la saison du titre, sera la plus courte bizarrement. Sûrement parce que vous connaissez trop bien cette histoire. Et probablement parce que j’en parlerai aussi longtemps que je vivrai.

Néanmoins, quelques souvenirs au hasard me reviennent.

Premièrement, le trade de Kawhi. C’était fou. Ce qui me reste le plus de ce moment, c’est la façon dont le transfert a été annoncé. Au début, c’était « Toronto accueille Kawhi en échange de DeMar plus un jeune joueur. Mais aucun de nous ne savait qui était ce « jeune joueur » ! Donc durant tout le temps qu’il leur a fallu pour mettre les choses en place, je ne sais plus combien exactement, je ne savais absolument pas si je faisais partie du trade… et le plus drôle c’est que nous avions ce groupe discussion des jeunes Raptors, et nous étions comme des fous à nous demander si quelqu’un savait lequel d’entre nous était transféré.

Il s’est avéré que c’était Jakob, et nous avons détesté ça parce qu’il était l’un de ce groupe autour de nos âges et avec qui nous voulions construire quelque chose sur le long terme. Et bien sûr, perdre DeMar était une déchirure. Mais d’un autre côté, nos savions qu’un joueur comme Kawhi ne s’obtient pas pour rien. Tout ça c’est du business. Et Kawhi a été un grand coéquipier bien sûr et je ne dis pas ça parce que nous avons gagné un titre. Croyez-moi, ils ne font pas de mauvais coéquipiers à San Diego.

Enfin l’autre souvenir, ce n’est même pas une histoire.

C’est juste Fred et moi, dans un avion de retour de Californie à TO, en privé avec le trophée Larry O’Brien. On se regarde lui et moi comme des gamins dans un magasin de jouets. « Ok, qu’est ce qu’on fait maintenant avec ça ? » On essaye de trouver un truc cool à faire avec le Larry O’B à 30 000 pieds du sol. J’aimerais pouvoir dire que nous avons eu des idées de génies, mais on a juste pris des photos de nous en train de faire n’importe quoi. Des poses stupides comme cette photo de moi dormant avec le trophée. Les gens me disent toujours que cette photo est touchante. En fait, c’est juste Fred et moi faisant les idiots.

Je crois qu’il m’a dit « Norm, fais semblant de dormir avec ».

C’était une saison spéciale.

10 Je ne peux pas partir sans dire merci.

Je veux remercier tout le monde au sein de la franchise pour ces six années extraordinaires. Tout le monde, aux propriétaires, à Masaï, à Dwayne et Nick, à tout le staff. Je veux aussi adresser un merci spécial à Jennifer Taylor, Amanda Joaquim, Courtney Charles et Patrick Mutombo pour tout ce qu’ils ont fait pour moi. Je sais que j’ai gagné à la loterie de la NBA de vous avoir rencontré.

Je veux remercier les gens de Toronto, et le peuple canadien dans son ensemble. Merci pour le respect, pour le soutien. Merci à tous pour « Understanding the Grind ».

Je veux aussi remercier Drake, qui est celui que vous espérez qu’il soit et plus encore. Bon gars, très impliqué. Aussi, n’essayez pas de m’impressionner à me dire que vous êtes fan depuis So Far Gone ou Thank Me Later ou je ne sais quoi. C’est à la vie à a mort depuis Degrassi les gars.

Et le meilleur pour la fin, je veux remercier chaque fan des Raptors partout dans le monde. The North, Raptors Nation, Jurassic Park, appelez-les comme vous voulez.

Appelez-les juste les meilleurs au monde.

11 Je repense toujours à ce qu’a dit Kyle.

« Tu feras toujours partie de cette histoire ».

Mec… Evidemment ces mots signifient beaucoup pour moi, surtout venant de lui, probablement le « Greatest Raptor Of All Time ».

Mais je peux peut-être terminer cet article en expliquant un peu plus ce qu’ils représentent.

C’est drôle… vous entendez beaucoup de choses à propos des relations et de comment il peut être difficile de gérer tout ça en entrant dans la Ligue. Ce dont vous n’entendez pas beaucoup parler, c’est de l’impact psychologiques de ces choses. Et j’en ai fait l’expérience, de bien des façons en faisant le passage du lycée à la NBA.

J’ai dû gérer ce que je pense beaucoup de personnes traversent quand elles vivent des changements, la fin de certaines choses. La découverte que certaines personnes que vous pensiez avoir avec vous pour l’étape suivante… en fait ne serons pas là.

Tout ça fait mal. Ça fait mal de perdre vos proches.

J’ai été confronté à quelque chose du genre pendant ma période pré-draft.

Ce qui est fou, c’est qu’au moment où j’ai posé le pied à Toronto, toute ma vie a changé de trajectoire.

C’est comme si c’était à ce moment que le nuage au-dessus de moi s’en est allé.

Je m’en souviens comme si c’était hier. Je venais pour un workout le lendemain matin, et les Raptors m’avait envoyé une voiture pour me prendre et m’emmener à l’hôtel. Je me rappellerai toujours comment j’étais assis à l’arrière, à regarder par la vitre pour voir où j’étais, et je suis resté bouche bée. C’était une nuit de printemps. Nous étions sur Maple Leaf Square. Je suis sorti et j’ai regardé autour de moi et il s’est passé quelque chose. Ces écrans géants, ces lumières, cet éclat en pleine nuit. Cette aura vous voyez ce que je veux dire ? Ça m’a vraiment attiré. Et c’était genre huit heures avant mon workout pré-draft. Je n’avais même pas touché un ballon pour les Raptors à ce moment-là. Mais je vous le dis : je savais déjà. Au moment où je suis descendu de la voiture, je savais. J’avais ce feeling.

J’ai FaceTimé un de mes amis, Kevin, et je lui ai dit : « C’est fantastique, ce sentiment que j’ai ici. C’est fantastique. C’est la ville où je veux jouer ».

Toronto était juste l’endroit où je devais être.

Je me suis réveillé le matin suivant, et j’ai fait le show durant mon workout (je n’exagère même pas… demandez à qui vous voulez. J’ai réalisé un windmill dont certains parlent encore).

Puis arrive la cérémonie de la draft, je suis à ma watch party. Et là on me hurle quelque chose de l’autre côté de la pièce. C’est mon ancien coach de lycée.

Il me dit « Norm, regarde la télé ! ».

Je vais voir :

« Les Raptors obtiennent Norman Powell dans un transfert avec les Bucks ».

C’était le destin, vous voyez ce que je veux dire ?

Le reste fait partie de l’histoire.

Donc quand Kyle est venu vers moi la semaine dernière, quand il m’a pris dans ses bras et m’a dit, « Tu feras toujours partie de cette histoire », j’ai évidemment pensé à tout ce que j’ai accompli en tant que Raptor. Evidemment, chaque souvenir m’est revenu en mémoire d’un seul coup. Mais j’ai aussi beaucoup pensé à mes débuts à Toronto… avant tout ça. Avant que nous soyons champions. Avant tous ces souvenirs.

J’ai pensé à comment Toronto m’a donné ma chance, à moi un gamin de 22 ans, de comprendre qui j’étais, et qui je pouvais devenir. J’ai pensé à ce que joué au basket dans cette ville, littéralement dans ce tout nouveau pays, m’a donné une chance de nouveau départ dans la vie. J’ai pensé à comment faire partie de cette organisation m’a apporté de toutes nouvelles personnes dans ma vie. Des coéquipiers, des coachs bien sûr, mais surtout des amis et des mentors. Des personnes sur qui je pouvais compter… dans une période où j’en avais désespérément besoin.

Je suppose qu’un autre mot pour cela serait une famille, ou une sorte de famille… et je pense que c’est probablement ce qui se rapproche le plus de Kyle pour moi. Tout ceux qui ont fait partie de ça, tout ceux qui s’intéressaient vraiment à ce que nous construisions ensemble : c’est une famille pour moi. Et, alors que vous avez tout pouvoir sur mon héritage ici… ou quand vous repenserez à ces équipes et que mon nom vous viendra à l’esprit… j’espère que c’est tout ce dont vous vous souviendrez.

J’espère que vous parlerez d’abord de Kyle, et DeMar, et Fred, et Kawhi, et Pascal et OG et tant d’autres. J’espère que vous parlerez d’eux jusqu’à ce que vous n’ayez plus de voix. Mais juste avant la fin de la conversation, j’aimerais aussi que quelqu’un dise aussi : « Pensons aussi à Norm. Ce mec s’est battu. Rien ne lui a été donné, mais c’était un bosseur. Il était dur. Et il AIMAIT être un Raptor.

Norman Powell, mec.

Il était l’un des notre. »

Texte et photos: The Players Tribune

Traduction: @auriverde777

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